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Comment les Britanniques sont devenus une clientèle de choix suite au brexit ?

Le 23 juin 2016, les Britanniques votaient par référendum la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Depuis le 1er janvier 2021, date effective du Brexit, le pays a quitté le marché unique européen : fin de la libre circulation, nouvelles formalités douanières, nouveau statut pour ses ressortissants vis-à-vis de l’UE. Pour les 69,5 millions de résidents britanniques, ce changement est perçu comme une source de contraintes supplémentaires pour voyager et consommer en Europe.

Mais ce nouveau statut leur a aussi ouvert un avantage inattendu : en devenant résidents non-européens, les Britanniques sont désormais éligibles à la détaxe, ce dispositif qui permet aux visiteurs extra-UE de se faire rembourser la TVA sur leurs achats destinés à l’export. Une conséquence collatérale du Brexit qui s’est transformée, pour les commerces français et en particulier pour le secteur du luxe, en une véritable opportunité commerciale : les Britanniques sont devenus une clientèle de choix. Résultat, cinq ans après l’entrée en vigueur du Brexit : +550 % de chiffre d’affaires détaxé.

Les Britanniques, seconde nationalité à voyager en France

Cette conséquence s’inscrit dans un mouvement plus large : celui d’un tourisme britannique déjà massif vers la France. Selon des données de Tourism Economics/Oxford Economics, reprises par Atout France, l’agence de développement touristique de l’État, c’est la seconde nationalité en termes d’arrivées dans le pays avec 13,1 millions de visiteurs, juste derrière l’Allemagne. Un dynamisme qui s’inscrit dans un contexte global record, la France ayant accueilli 102 millions de touristes internationaux en 2025, contre 100 millions en 2024, année déjà faste grâce aux Jeux Olympiques.

Principales nationalités voyageant en France en 2025 selon Atout France

Ce volume s’explique par une proximité géographique unique, Londres n’étant qu’à 2h15 de Paris en Eurostar et les liaisons transmanche par ferry permettent chaque semaine à des centaines de milliers de touristes britanniques de rejoindre les côtes normandes et bretonnes. L’avion complète ce dispositif pour les destinations plus éloignées de Paris comme la Côte d’Azur ou les stations de ski.

Une progression continue depuis le Brexit

Selon les données de SolPay, le chiffre d’affaires généré par la clientèle britannique a été multiplié par 6,5 en 5 ans, hissant les Britanniques au rang de deuxième nationalité en valeur, alors qu’ils ne se classent que quatrième en nombre de bordereaux de vente à l’exportation (BVE) émis, rang stable depuis 2023. Une clientèle donc moins nombreuse que d’autres, mais nettement plus dépensière.

Pour mesurer le chemin parcouru, une comparaison avec les touristes nord-américains s’impose : historiquement première clientèle de la détaxe française, elle sert de référence à l’ensemble du secteur. Les États-Unis conservent une avance considérable avec un détaxé en 2025 plus de quatre fois supérieur à celui des Britanniques, et 82 000 touristes contre 18 000. Mais l’écart se resserre chaque année, et le profil d’achat des deux clientèles s’avère sensiblement différent.

Répartition du chiffre d'affaires et du nombre de bordereaux de vente à l'exportation (BVE)

Selon un rapport de l’Association of International Retail cité par Euronews, les dépenses britanniques en achats détaxés dans l’Union européenne ont bondi de 169 millions d’euros en 2021 à 854 millions d’euros en 2024, soit un quasi-quintuplement en trois ans. Selon ce rapport, plus qu’une tendance passagère, c’est un réel “nouveau marché touristique axé sur le shopping”, qui irrigue aussi dans les secteurs de l’hôtellerie et la restauration.

En miroir, l’organisation britannique du secteur du luxe Walpole estime que “les exportations de produits de luxe britanniques vers l’UE demeurent jusqu’à 43 % inférieures à ce qu’elles auraient été sans le Brexit”. Ce que Paris gagne, Londres semble donc, en partie, le perdre.

Ski, Côte d’Azur et Paris : la géographie du shopping britannique 

Le calendrier d’achats des britanniques diffère sensiblement de celui des visiteurs nord-américains. Alors que l’on note un très fort pic d’affluence de ces derniers en été, la présence des britanniques est plus étalée dans l’année.

Evolution de la présence des touristes britanniques vs américains au cours de l'année

Cependant, deux pics se détachent. De décembre à mars pour les achats de fin d’année et les sports d’hiver et, plus modestement, en juillet. Les ventes d’articles de sport culminent ainsi sur la période hivernale, une singularité qui s’explique par l’ancrage des Britanniques dans les stations de montagne, où ils génèrent même davantage de bordereaux de détaxe que les Américains.

Ainsi, côté répartition géographique, la Côte d’Azur arrive en tête (35 %), devant Paris (32 %) et les stations de montagne (29 %). C’est aussi dans le Sud que le panier moyen britannique atteint son niveau le plus élevé à 1 000 €, porté par les achats dans l’horlogerie et la joaillerie, loin devant Paris : 538 €. Pour les américains, le contrat est tout autre. Paris représente plus de la moitié du chiffre d’affaires contre seulement 7 % dans les stations.

Répartition géographique de la présence des touristes britanniques vs américains en France

Cette géographie recoupe les données publiées par Atout France dans son bilan 2025 : avec 13,1 millions de visiteurs, le Royaume-Uni conserve son rang de deuxième marché émetteur de touristes vers la France. La France demeure la deuxième destination de vacances des Britanniques et première pour les séjours au ski. L’agence souligne également que les Britanniques figurent parmi les clientèles ayant contribué à la performance record de l’année avec 102 millions de touristes outre-atlantiques et 77,5 milliards d’euros de recettes touristiques, en hausse de 9 % sur un an. 

Séjour court à Paris, longue villégiature au ski : ce que la détaxe révèle des vacanciers britanniques

De manière générale, 60 % des britanniques valident leur bordereau de vente à l’export (BVE) en douane dans la semaine suivant leur achat. 

Cette validation est une étape obligatoire du dispositif de détaxe : elle atteste, aux yeux de l’administration douanière, que les biens achetés quittent bien le territoire de l’Union européenne, condition sine qua non pour que le remboursement de la TVA soit accordé au voyageur. Le délai entre l’achat et cette validation est un indicateur du rythme de voyage. Plus il est court, plus il suggère un séjour bref, le voyageur faisant valider son bordereau juste avant de quitter le territoire et plus il s’allonge, plus il témoigne d’un séjour prolongé.

Lorsque l’on observe ces délais en détail, le constat devient plus nuancé. À Paris, ils s’établissent entre trois et quatre jours pour les Britanniques. C’est un délai aligné sur celui des américains, traduisant des séjours courts, typiques d’un city-trip. Dans le Sud et dans les stations en revanche, ils grimpent à sept ou huit jours, signe de séjours plus longs, caractéristiques des vacances au ski ou en villégiature estivale. Ce comportement est cohérent avec les données du marché observées par Atout France, confirmant que les britanniques ne se contentent pas de dépenser davantage : ils adoptent aussi des rythmes de voyage distincts selon les destinations.

Délais moyen avant validation du BVE selon la zone d'achat en France

Chez les Britanniques, l’âge n’est pas un critère de dépense

Autre différence notable entre les deux clientèles : quand les achats des Américains se concentrent sur une tranche d’âge précise, les Britanniques dépensent, eux, de façon bien plus homogène.

Côté américain, la dynamique reste classique : le panier moyen progresse avec l’âge jusqu’à culminer chez les 45-54 ans à 698 €, à un niveau presque identique aux 55-64 ans. À l’autre bout du spectre, les moins de 24 ans affichent le panier le plus faible, à peine 368 €, soit près de la moitié du pic. Le pouvoir d’achat des touristes demeure concentré sur les actifs en milieu ou fin de carrière.

Côté britannique, l’écart de panier moyen entre les âges s’estompe. A partir de 25 ans, le panier moyen progresse presque sans à-coups, de 670 € chez les 25-34 ans à 805 € chez les 65 ans et plus. Du trentenaire au retraité, la dépense reste donc constamment élevée, sans le pic générationnel marqué observé outre-Atlantique.

Cet appétit, qui touche l’essentiel des tranches d’âge actives, se retrouve dans une étude publiée par Altiant en 2025 : les Britanniques prévoient d’augmenter leurs dépenses de voyage de 30 %, contre 23 % pour les Américains. Cela confirme que la dynamique de consommation touristique est moins sensible à l’âge outre-Manche qu’outre-Atlantique.

En conclusion

Ces chiffres dessinent moins un effet d’aubaine post-Brexit qu’une recomposition durable des flux du shopping de luxe en Europe, dont la France continue de tirer parti. 

Alors que les britanniques sont la deuxième nationalité  en nombre d’entrées sur le territoire français et que les États-Unis sont neuvième, ces derniers conservent une avance considérable sur les chiffres de la détaxe, tant en volume de bordereaux qu’en chiffre d’affaires. Néanmoins, l’écart se resserre d’année en année et l’irruption des Britanniques au rang de deuxième nationalité en valeur, dès 2026, laisse penser que cette dynamique est loin d’être arrivée à son terme.

  • Y a-t-il un montant minimum pour détaxer ?

    🇫🇷 En France, le montant minimum est de 100,01 € d’achats par magasin et par jour.

    🇧🇪 En Belgique, le montant minimum est de 125,01 € d’achats par magasin et par jour.

  • Puis-je faire détaxer des achats professionnels ou des prestations de services ?

    Non. La détaxe s’applique uniquement aux achats touristiques. Les achats professionnels et les prestations de services ne sont pas éligibles.

  • Puis-je détaxer dans tous les magasins avec SolPay ?

    En France, la détaxe via SolPay est disponible uniquement dans nos boutiques partenaires.